Migration en Je
     

Migration en Je

Leurs pas les ont menés jusqu'en France. Choisie ou imposée, l'errance est parfois devenue chemin de calvaire. Migrants, exilés, réfugiés...les qualificatifs ne manquent pas pour désigner ces âmes souvent abandonnées. Tous partagent un même désir de liberté, une même soif de paix. " Migration en Je " leur est dédié.

Au gré de déambulations dans les rues de Nîmes, parce qu'il voulaient rendre un visage à ces invisibles, Fabrice Spica a photographié des personnes en demande d'asile.
Volontaires, chacune et chacun a exprimé une émotion et posé devant l'objectif. Et parce qu'il fallait également des mots pour dire ces destins brisés, Irina,Rhaimi, Anastasya...se sont racontés à la faveur d'atelier d'écriture libre. Leurs phrases enveloppent leurs portraits.

Vincent Roussot

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Il y a des moments où je pense que c’est la fin, mais chaque fin est le commencement de quelque chose de nouveau.
La vie continue.
Quelque fois la vie me stoppe…Il me semble être à la limite, je ne ressens plus rien, mes pensées sont bloquées et le plus horrible est qu’alors je ne rêve plus.
Nîmes est une ville qui stimule mes émotions, calme ma peur et me remplie d’espoir et de rêves dont je crois qu’ils deviendront réalité.
Je rêve à nouveau.

Nîmes est une ville théâtrale, magnifique. J’aime vivre et apprendre de nouvelles et intéressantes cultures.
Chaque jour, quand je sors, charmé par ses paysages urbains.
Tout cela me pousse à réfléchir sur la vie, l’amour, l’amitié, le futur.
Parfois mes anciens ami(e)s me manquent, mais je sais que ma vie en Ukraine restera toujours dans mon cœur et cela me donne de la force pour avancer et grandir.

Je ne ressens pas encore le calme que je voudrai, je suis dans cette attente. Je veux avoir une bonne vie, vivre avec ma famille, mon père, mes sœurs, et ma mère. Je souhaite devenir mécanicien, j'aime entendre le bruit d'un bon moteur, il tourne bien comme le corps d'un homme jeune.

j'aime cette ville ; elle est belle, intime, accueillante ; j'y ai trouvé beaucoup de nouveaux amis ainsi qu'une nouvelle passion, L'équitation.
Malgré mon réel plaisir de vivre à Nîmes mon lieu de naissance me manque.

Je suis née à Edo state, Bénin city Nigéria. Ma grand mère étais la seule personne qui prenait soin de moi. Ma tante est handicapée sur une chaise roulante, elle ne peut pas marcher et c'est moi qui mendiais pour elle. Avant j'ai rencontré une femme qui a dit que j'étais très belle. Elle voulait m'emmener en Europe.
En France j'ai eu deux enfants. Je suis une femme célibataire. J'aimerais devenir modèle et je recherche de l'aide.

Ce n’est pas parce que je souris tout le temps que ma vie est parfaite. Ce sourire est le symbole de ma force et de mon espoir.
Je suis une femme forte mais de temps en temps, j’ai aussi besoin d’un compagnon qui me prenne la main pour me dire que tout ira bien.
Je dois apprendre à vivre sur un nouveau chemin, un nouveau pays, une nouvelle ville avec de nouvelles personnes. J’espère y arriver et je le souhaite très fort.
J’ai beaucoup de peine quand je me rappelle certaines choses mais je dois trouver la force en moi pour continuer à vivre sans prêter attention à ma peine.

L’incertitude me cause de l’insécurité et contraint mon esprit. J’ai déjà perdu ma place auprès des miens et je tends à la trouver parmi vous.
L’atmosphère de cette ville calme mon âme et me donne de l’espoir. Nîmes est devenue natale pour moi. Maintenant c’est à moi de renaître en elle.
Parfois j’ai juste besoin de m’arrêter et de regarder autour de moi. La vie continue et c’est beau.

Même si la vie est injuste avec nous, on doit essayer de garder notre être le plus pur possible et une conscience forte et bienveillante.
Je rêve de vivre sur terre avec des gens qui ont cette vision de la vie.

Il en faut du courage pour marcher droit, faire bien et juste.
Ma solitude bride mes rêves.
J’ai trouvé de l’aide et du soutien à Nîmes. J’aime me rendre à la bibliothèque pour apprendre l’histoire et la langue française. Je veux tout connaître de ce pays qui m’accueille.
Je suis coiffeur de métier et j’aimerai travailler et vivre à Toulouse.

Demain n’est pas important, il faut donc exprimer son amour aux gens que l’on aime car peut être il n’y aura pas de demain.
Je ne suis en compétition avec personne, excepté avec moi-même, mon seul but est de m’améliorer toujours plus et d’être mieux qu’avant.
" Soit le fils des arts et non de ton père car grâce à ton art les gens connaîtront le nom de ton père. " ( dicton afghan).

Je n’avais jamais imaginé vivre en marge de la société. Etre un étranger est difficile mais il est simple d’être un être humain.
Nîmes est la ville refuge où j’ai trouvé la paix et rencontré des amis.